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Traiter les façades en structure bois en remplissage plâtre

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Etape 1 : le diagnostic, clé de la réussitediagnostic-cle-reussite

A Paris et région parisienne, nombreux sont les édifices dont au moins une façade est bâtie en pans de bois. Ces immeubles datent pour la plupart d’avant la fin du XIXe siècle, avant la généralisation de l’emploi de l’acier dans la conception des planchers. La plupart sont des façades de cours ou de courettes, les façades sur rue étant construites en moellons, brique ou pierre de taille. Mais méfiance ! Certains immeubles d’anciens quartiers populaires sont entièrement bâtis en bois.

Comment les reconnaitre : épaisseur faible (15-20cm), recouvertes de peinture ou enduit pleine masse. Quelquefois le plâtre est à nu. Les appuis de baies sont en zinc ou en plâtre.

Un dispositif constructif fragile

Ces façades souffrent de multiples défauts :

  • Un revêtement de façade fragile
  • Une structure souple soumise aux mouvements de terrain
  • Une grande faiblesse à l’eau (pluies/dégâts des eaux)
  • Une situation « en second plan » qui rend ces façades non prioritaires aux yeux de leurs propriétaires

Au bilan, ces façades en pans de boissont à l’origine de nombreux sinistres en habitat collectif ancien.

Des désordres qui peuvent être gravesdesordres-graves

Ainsi, par ordre de gravité, les sinistres peuvent être les suivants :

  • Fissuration de la façade
  • Humidité des murs intérieurs/des pièces
  • Gonflement des structures
  • Déformation des fenêtres/portes
  • Rupture des linteaux
  • Affaissement/effondrement des planchers

Le problème des imperméabilisations

Dans les années 80 on a cru pouvoir régler le problème de ces façades par un revêtement élastique à base de peintures. Ces revêtements appelés I3 et I4 ont malheureusement abrégé la vie des charpentes en empêchant le bois de respirer.

Résultat : les plâtres retiennent l’humidité, les insectes xylophages pullulent, les bois de charpente pourrissent…

reparation par moulage resine

Réparation par moulage en résine

reparation en bois neuf

Réparation en bois neuf

A gauche : réparation par moulage en résine, à droite : réparation en bois neuf

Avant le diagnostic : la purge

Afin de mesurer l’ampleur des dégâts le piochage des plâtres au droit des pans de bois est une nécessité. Une bonne connaissance du procédé constructif des pans de bois est un avantage.

La faible épaisseur des murs en plâtre nécessite une grande prudence lors des opérations de purge afin de ne pas endommager les parties intérieures. En outre, il vaut mieux engager ces travaux aux beaux jours pour se mettre à l’abri des intempéries.

Pour cela il est indispensable que l’échafaudage soit en place sur la façade. Cela signifie que l’ampleur et le coût des travaux des réparations n’est pas estimable à l’avance. Les immeubles en copropriété devront, s’ils ne veulent pas multiplier les Assemblées Générales Spéciales, provisionner des sommes importantes en prévision de ces travaux.

Etape 2 : Réparer ou remplacer les bois ?

Devant le désastre deux solutions : réparer ou remplacer. Pour les bois verticaux : facile ! On remplace par des poteaux neufs, en bois (chêne) ou parfois en acier.

Pour les parties structurelles (sablières, têtes de solives, linteaux) : aïe aïe aïe ! Impossible de remplacer les bois sans étayer tout l’immeuble et laisser les occupants en place.

Heureusement certaines sociétés maitrisent la technique pour renforcer ces structures à l’aide de fers et de résine.

Etape 3 : Une bonne préparation

Afin d’apporter à investissement une pérennité suffisante, il est fondamental de préparer le revêtement de façon optimale, ce qui permettra à l’ensemble charpente/mur/revêtement de mieux résister à l’usure du temps.

preparation-revetement

Ci-dessus : pontage des structure par papier anglais et treillis métallique après traitement antifongique.

Etape 4 : l’enduit de finition

Contrairement à l’idée communément admise, une façade ne doit pas être imperméable pour rester sèche… Le rôle d’un bon revêtement de façade est d’évacuer au mieux l’humidité du mur, apportée par les intempéries et l’activité humaine.

La meilleure réponse à ce jour est un matériau qui nous vient des romains : la chaux aérienne.

Les façades seront enduites par une forte épaisseur de chaux, car ce matériau assure à la fois le rôle structurel comme remplissage entre les pans de bois rénovés, et de revêtement de façade en utilisation brute sans revêtement supplémentaire, avec une finition lissée, talochée ou ferrée. Par ses grandes qualités techniques, la chaux protégera les murs contre l’humidité et la fissuration.

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Ci-dessus : courette à République, Paris 11

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